Ici , tous les 15 du mois: la chronique "toodè" ...
une autre manière de dire Aujourd'hui et de lire
ou relire les événements avec les verres teintés de François de Sales ...

Toodè N° 247

 

« Il était une fois. »

 

  Par le groupe Théotime

Toodè aoüt N° 247

Toodè Juillet N° 246
 

Année 2021

Septembre 


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Voir aussi le Toodè du  15 juillet 2012

 

 

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octobre 2021
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Stéphane Raux

 

 

 

Questions de sens...

 

            E.T. l’extra-terrestre, répétait: « mai-son »...

            Moi, le terrien, je ressasse « ge-nou »...

Comme beaucoup d’entre vous sans doute, on peut se demander pourquoi tel accident particulier dans notre vie est intervenu ? Personnellement, le genou m’est révélateur pour un invétéré marcheur-skieur, car synonyme de ce temps qui passe, de cet âge qui avance et qui nous apporte ‘en outre’ d’autres mauvaises surprises sanitaires.

Et je nai jamais trouvé de réponse valable à cette question métaphysique:  Pourquoi cet événement dans ma vie ? Quel sens ? Quel message ? Sinon que nous sommes fragiles, de passage en cette terre, appelés à lhumilité...

            Je pense donc toujours à mon genou... 28 mois après la rupture accidentelle du tendon quadricipital droit, je vis encore avec des sensations bizarres proches de la douleur, surtout par temps humide, des constats de ‘boitements’ qui n’auraient plus de raison d’être, même si je n’ai pas récupéré la totalité de la flexion antérieure...

            Mais je ne viens pas vous parler de ma santé. En fait je profite de cette réalité personnelle pour faire un mauvais jeu de mot susceptible d’élever le débat... 

            Et c’est notre pape François, grand défenseur de notre ‘maison commune’, qui m’a suggéré cette entrée en matière...  Il nous dit qu’il faut passer du ‘Je’ au ‘Nous’ !

 

            C’est à l’occasion de la 107ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, ce 26 septembre dernier, qui nous a peut-être échappée. Et il parle déjà de ce sujet dans Fratelli Tutti.

            En fait, c’est une invitation qu’il nous adresse, celle de considérer à la fois chacun et chacune d’entre nous non pas comme des individus qui doivent se résigner à vivre ensemble, mais comme des frères/soeurs, appelés à construire un monde d’amour entre nous !

            Une interpellation qui est peut-être difficile à entendre ici, dans notre société où lindividu, voire lindividualisme et même l’égoïsme semblent prendre le pas sur le reste. Alors quen Afrique par exemple dans la société traditionnelle, cest le peuple, le nousqui est primordial !

            N’est-ce pas à voir comme une ouverture aujourd’hui au moins en Occident ? On peut aussi relire dans cette perspective les critiques, manifestations et autres de ceux et celles qui se positionnent contre des contraintes sanitaires a priori évidentes et nécessaires pour le bien de tous, -même si nos responsables nationaux savent ouvrir le parapluie, mais cela nest-il pas aussi l’attitude de chacun dans notre société- ?

 

            Où en sommes-nous vraiment, entre Je et Nous ?...

 

            Et pourquoi ?

            Encore une fois, je n’attends pas de réponse à ma question du préambule. C’est à moi de faire le chemin spirituel pour m’apaiser.

            Mais il se trouve que j’ai été aussi confronté ces derniers jours dans le cadre de mes responsabilités à une question concrète, dans le milieu dirigeant. C’était: ’Comment fidéliser les employés’ ? La discussion s’est bien appesantie sur les difficultés locales (notamment la proximité de la Suisse et ses facilités indécentes par rapport à la société française), les modalités possibles, la motivation, les moyens ‘intéressés’ (pécuniaires, intéressement, ...), les moyens humains (formation, etc), les questions de sens (projet social, utilité publique, mission...).

            Mais personne n’a évoqué le ‘pourquoi’. Comme si, d’une part, la fidélité des employés devait être recherchée, alors qu’elle pourrait être évidente. Simplement parce que l’employé est une personne, qui peut être reconnue comme telle, qui peut être heureuse dans son travail, lequel est ‘valorisé à sa juste valeur’, qui a de bonnes relations avec son patron et ses collègues, qui a des perspectives de carrière, d’avancement et de développement personnel sur place qui ne l’obligent pas à regarder ailleurs, qui a besoin aussi de stabilité et de reconnaissance de sa vie familiale, que sa société a une vocation ou une utilité sociale évidente et reconnue, etc... Sans aller jusqu’à parler, comme l’a fait il y a quelques jours à l’occasion du 7ème BIG (Bpifrance Inno Generation) Agnès Pannier-Runacher, la ministre en charge, de « l’industrie (comme) l’un des rares endroits où on trouve encore de la magie »...!

Et comme si, d’autre part, ce même employé n’avait pas une liberté fondamentale, celle de construire sa vie professionnelle et humaine en-dehors de l’entreprise où il est actuellement, même si cela complique la tâche du dirigeant...

           

            Comment, pourquoi ?   

Comment aurais-je réagi si j’avais eu alors connaissance des réalités abominables récemment révélées dans l’Eglise par le rapport de la CIASE depuis les années 1950, quand que je me préparais à répondre à un appel de Dieu ?

Aujourd’hui, pour chacun de nous, où faut-il mettre nos priorités ?

   Notre futur personnel immédiat ou l’avenir d’une société fraternelle ?

   Améliorer l’ordinaire ou donner un sens à ma vie ?

   Casser des pierres ou construire une cathédrale ? ...

   Et puis, -peut-être les croyants s’y retrouveront-ils- quelle relation ai-je avec Dieu ...? Un Dieu punitif ‘contre’ ma/notre faiblesse humaine, ou un Dieu d’amour qui me/nous comprend ‘dans’ cette faiblesse ? qui nous invite à son amour, à en vivre et à en témoigner ? et qui nous donne son Esprit au jour le jour...

 

            En 2022, nous fêterons les 400 ans de la mort de Saint François-de-Sales.

Celui qui disait: « Soyons ce que nous sommes et soyons-le bien, pour faire honneur au Maitre Ouvrier dont nous sommes l'ouvrage »...