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une autre manière de dire Aujourd'hui et de lire
ou relire les événements avec les verres teintés de François de Sales ...

Toodè N° 210

« Le football libère les peuples »

Philippe Chanrion

 

année 2018

avril

 

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le 15/04/2018

 

Non ce titre n’est pas un oxymore même si à priori on ne voit pas le rapport entre ce sport et une quelconque action de libération.

En quoi ce sport souvent critiqué pour ses dérives financières, ses corruptions, ses soupçons de dopage, ses discussions stériles sur la forme de poteaux de la cage, peut-il côtoyer la liberté. Certains auraient même tendance à l’associer à un embrigadement tant les réactions extrêmes de certains supporters n’ont pas d’explications relationnelles. Le chanteur Antoine dans ses » élucubrations » louait même ses capacités à « endormir le pays ».

Nos visions d’ici, ou de ce que l’on voit sur les medias, se confondent ou se limitent souvent aux grands matchs nationaux de ligue 1 ou 2, aux championnats européens et à la coupe du monde tous les 4 ans. Les dérapages des supportes sont mis en avant mais aussi, et de moindre façon, la joie partagée après une victoire de son équipe et la tristesse après la défaite.

Localement le football est un autre sport permettant l’intégration des enfants, le développement des entraineurs souvent bénévoles, et apporte une réelle réponse à l’équilibre des territoires.

Nos « missionnaires » ne contrediront pas tout le rôle et l’apport de ce sport dans les villages d’Afrique.

Au-delà de ce constat simple ou on ne voit toujours pas de rapport entre football et liberté des peuples, deux articles récents peuvent apporter des compléments de réponse.

Image associée

A Raqqa, ancienne capitale de daech, le stade de football vient de revivre son premier match depuis la libération de la ville de l’emprise maléfique de l’EI. Ce stade était le lieu de torture, d’exécution et de détention lors des années sous la domination du drapeau noir. Le ballon rond est revenu dans  les restes du stade essayant de chasser les images ignobles qu’ont vu ses tribunes et ses vestiaires transformés en prisons. Le retour des joueurs et des supportes a été difficile, tremblant de tous leurs corps tellement la peur était encore présente. La libération a pu être enfin complète quand le coup d’envoi fut donné.

Au Soudan, pays régit par la loi islamique depuis 1983, une femme, Salma al-Majidi, est devenue la première femme soudanaise à entrainer une équipe masculine de football. Il n’y a pas de loi interdisant le football féminin mais la société conservatrice et le gouvernement ne l’encourage pas. L’amour du football de Salma l’a donc conduit vers le coaching d’équipes masculines, d’abord les enfants et maintenant les adultes. Après plusieurs années de courage et d’efforts pour s’imposer devant des hommes ne reconnaissant pas son autorité, c’est sa compétence qui a pris le dessus. Elle est maintenant acclamée par les supporters.

Son message aux hommes est de donner une chance aux femmes de faire ce qu’elles veulent.