Ici , tous les 15 du mois: la chronique "toodè" ...
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ou relire les événements avec les verres teintés de François de Sales ...

Toodè N° 223

Ecole buissonnière. !

Marianne & Bernard Beloeil

année 2019
juin
 

 
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le 17/06/2019

D 7 au 22 mai, Marianne et moi avons fait l’école buissonnière sur la route nationale 7 avec 9 amis de la paroisse, parmi ces amis nous comptons notre curé qui est l’investigateur et guide de cette escapade.

Il est probablement utile de préciser que notre guide est malgache et que la RN7 relie Antananarivo à Tuléar.

Le 7 mai vers 21h nous nous posons sur Madagascar avec 20 valises, 17 effectivement (3 se sont égarées). Nous étions chargés de fournitures scolaires et de matériel sanitaire. Les visites de 4 écoles primaires et 2 dispensaires sont prévues durant notre séjour de 14 jours en terre malgache.

C’est par ces visites que je vous livre mes impressions de voyage.

La première école à nous accueillir est tenue par des religieuses à Antsirabe, plus précisément Les sœurs de l’évangile à Vinaninkarena, commune rurale de 11000 habitants située sur la RN7 une dizaine de kilomètres au sud d’Antsirabe. Dans la cour de l’école primaire catholique du Bx Pierre François Jamet, nous découvrons 194 enfants tous revêtus de leur uniforme : un t-shirt bleu, préparant la fête de leur école, alors l’ambiance est joyeuse et festive, danse et musique. Seuls environ 42 enfants de la classe de 11ème, nous attendaient dans leur salle à 3 sur les bancs derrière des tables où en France ils ne seraient que 2. Sous la direction de leur maîtresse, ils nous offrent quelques chansons dont Frère Jacques, et pour finir le « Merci Beaucoup » mimé.

La visite des différentes salles de classe nous permet de constater que le grand bâtiment sur deux niveaux est accueillant, chaleureux comme les différentes salles qui sont relativement bien équipées. Les enseignements sont en malgache et en français. Cette école semble disposer de moyens suffisants pour rester fidèle à sa philosophie : tous les élèves, quel que soit leur condition, ont droit à la même chance d’apprendre.

Nous terminons dans la cour, où nous constatons que les appareils photographiques numériques sont presque aussi bien que les polaroïds, nous restituons la prise de vue instantanément et les enfants en sont très friands. Le contact est rapidement établi : farandoles, danses … Et 16h30, les enfants rentrent chez eux avant la nuit, la plupart à pied, d’autres en taxi à pédales ou pousse-pousse, mais nous conservons la joie communicative des enfants.

Nous quitterons le bitume et les nids de poule de la RN7, pour visiter l’école St Pierre de Samimasina situé à l’est d’Ambalavao sur des pistes chaotiques. L’école est située près de quelques habitations en pleine brousse.  Et comme ni le jour, ni l’heure de notre passage n’avait été convenu, et que midi était passé, seuls les enfants et une maman nous ont accueillis en attendant que le directeur vienne nous retrouver. Là le contact a été plus timide, malgré les appareils photos, mais la curiosité l’emportait, il est vrai que seuls quelques mots de français sont compris alors que à Antsirabe l’échange en français était moins difficile. L’école n’est qu’un simple bâtiment de 2 pièces sur un seul niveau. Ce n’est pas le même standing, que précédemment, C’est propre, les murs sont crépis clairs, extérieur et intérieur, les fenêtres ont pour seule fermeture les volets, qui doivent rester ouverts, la lumière du jour étant le seul éclairage, le toit en taule avec sa charpente est apparent dans la salle de classe, autrement dit : pas très chaud l’hiver même s’il ne gèle pas, inaudible sous les fortes pluies. Sept grandes tables (2 mètres) avec leur banc et le bureau de l’instituteur constituent l’unique mobilier, rien au mur en dehors du tableau noir, aucun autre matériel.

Après cette rapide visite nous poursuivons vers l’est sur la piste toujours aussi tourmentée jusqu’à Ambohimahanasina, village d’origine de notre guide, et commune de plus de 20000 habitants.

Nous sommes reçus à l’école catholique qui compte école primaire (107 élèves) et collège. Nous ne visiterons que l’école primaire en particuliers 2 classes situés à l’étage, dont l’accès serait interdit en France vu l’état de l’escalier, les fentes dans le parquet permettent de voir les classes du rez-de-chaussée

Le plafond est presque totalement tombé laissant apparaître la charpente et les taules en piteux états, les fenêtres possèdent des vitres même si leur état est conforme à celui du bâtiment. Le mobilier ne dénote pas, vieille table en bois bancale, comme la seule armoire, et l’unique étagère risque de s’effondrer si on la charge, c’est sans doute la raison pour laquelle elle est vide, bien sûr pas d’électricité comme dans tout le village. Seule une carte de Madagascar est accrochée sur les murs blancs, Il faut être motivé pour venir à l’école dans ces conditions, mais il est possible que leur quotidien soit semblable à cette école.

Faute de temps, l’échange avec les enfants, tous en blouse bleue, fut quasiment inexistant. Nous avons constaté un contraste important avec l’école des sœurs et même l’école St Pierre voisine.

Et bien sûr tout s’est terminé avec les photos de famille avec tout l’établissement, avant de se quitter rapidement la nuit se profilant.

 

Nous avons retrouvé la RN7, et sur la dernière étape pour Tuléar, nous nous sommes arrêtés à Ankaramena chez les sœurs missionnaires de la Sainte Famille pour visiter leur école primaire et dispensaire. Nous retrouvons la gestion des sœurs d’Antsirabe, cadre splendide dans la nature, bâtiments plus modestes sur un niveau mais chaleureux propre, accueillant, comme les salles de classe. Les salles sont bien équipées même si c’est modeste beaucoup de fabrication manuelle adaptée. Et nous avons partagé comptines avec les classes de maternelle et CP, nous nous sommes fait contaminer par celle-ci : « Tout peut changer quand on chante ensemble. »

 

Ce fut pour moi un retour à mon enfance, plus précisément à ma maternelle chez les sœurs du Saint Cœur.  Et pour finir séquence photos dans la joie, le bonheur.

 

Au retour de Tuléar, nous nous arrêtons à une école primaire publique légèrement en retrait de la RN7. Le directeur surpris accepte de nous recevoir.  Nous lui laissons une valise d’équipements scolaires, comme pour les écoles précédemment rencontrées.

Le bâtiment ressemble à celui de l’école St Pierre seulement, mais le dernier entretien doit dater, les murs nus ne sont plus très blancs, l’état des bâtiments s’apparente à celui de l’école d’ Ambohimahanasina , et bien sûr pas d’électricité. Les tables (ensemble table-banc, tubes métalliques bleus et bois), accueillent 3 élèves alors que chez nous  2 se bousculeraient. De vieilles tables cassées sont tassées dans un coin au fond de la salle.

Mais les enfants sont studieux et disciplinés comme dans toutes les écoles visitées enfin dans la classe. En effet, les séances photos prises avant et après la visite de la classe, nous révèlent que les enfants sont plus habitués à voir des touristes de passage  et se font plus insistants pour obtenir des cadeaux.

Un son rythmait le travail des enfants en classe, celui des marteaux manipulés par les membres d’une famille pour casser des cailloux un peu plus gros que le poing, en cailloux d’environ 2cm de diamètre, c’était leur activité sous les arbres en bordure de la route.

 

Voilà, c’était la dernière école visitée, sauf si on sort du primaire. A Antananarivo, juste avant de reprendre l’avion nous avons visité une école supérieure qui ne prépare à, ou ne décerne aucun diplôme. Elle accueille 80 bacheliers, 40 filles et 40 garçons sélectionnés selon des critères particuliers pour pendant un an, les préparer aux études supérieures, c’est-à-dire les mettre à niveau sur le plan scolaire (linguistique entre autre, car la maîtrise du français, anglais, ou… n’est pas évidente), les aider à préparer leur plan d’études supérieures, et leur permettre de s’adapter à la vie urbaine (découverte du gaz, voire de l’électricité, la technologie, la vie dans un monde citadin…) même si un fossé demeure entre Madagascar et ne serait-ce que la France. Il s’agit du programme SESAME(2).

Lors de cette dernière visite, j’ai appris que seulement 1% des bacheliers entamaient des études supérieures, et que nombre de bacheliers ne bénéficiaient pas de leur études faute d’adéquation avec le monde du travail.

Voilà, si vous vouliez les superbes paysages ocre, les zébus, les caméléons, les lémuriens, les chants malgaches, la joie malgache, il faudra les imaginer entre les lignes des enfants des écoles.

 

(1)Tout peut changer quand on chante ensemble (bis)

     Tout, tout, tout peut changer

     Tout, tout, tout peut changer

(Le verbe chanter peut se remplacer à volonté par danser, jouer, dormir, manger, prier …)

 (2) http://sesame.promesmada.org/